mardi 26 avril 2011

La tribune de mai 2011 de nos élus du groupe "Construire l'avenir ensemble"

Energie : le temps du débat et de l’action
 
La douleur du peuple Japonais est à la mesure de toutes les catastrophes qu’il endure depuis plusieurs semaines. La priorité est de rendre hommage aux milliers de victimes et d’exprimer notre solidarité. Les voix qui s’élèvent, en particulier en France, pour profiter de cette douleur pour limiter le droit d’expression, sont symptomatiques d’un phénomène plus large. 

Opposer compassion vis-à-vis de ceux qui souffrent et clairvoyance sur les enjeux, solidarité avec l’humanité et solidarité avec les générations futures constitue une posture politique de courte vue. Elle exacerbe en effet les clivages et impose à l’humanité un choix qui lui dénie la possibilité d’appréhender la complexité des enjeux.
 

Pour certains (monsieur le maire en a fait sa spécialité), ce n’est jamais le temps du débat. Sur la politique énergétique et donc le nucléaire, débattre à froid, c’est être « catastrophistes ». Quand la catastrophe, hélas, arrive, le respect de la douleur du peuple meurtri rendrait inopportun le débat.
 

N’y aurait-il pas de temps et de lieu pour aborder le débat pourtant crucial de l’énergie ? La démocratie impose que ce débat ait lieu et il n’est pas antinomique avec la compassion et la solidarité indispensables à l’égard de toutes les victimes du nucléaire, de Tchernobyl à Fukushima mais aussi en France avec les travailleurs de l’ombre de la sous-traitance nucléaire.
 
En cette période d’incertitudes et de doutes quant à la capacité des responsables politiques de relever les défis (cf. fortes abstentions aux derniers scrutins, tentation du vote protestataire et du repli identitaire), il convient de débattre au fond sur le modèle de développement de demain. Le « développement durable » ne saurait être juste un nouvel emballage pour le modèle productiviste existant.
 
Ne suivons pas les voies hasardeuses de ceux qui opposent le « devoir d’indignation » et l’indispensable solidarité. Entre déni et responsabilité dans l’action, il faut choisir. Nous vous proposons de choisir la voie de la responsabilité. L’importance des enjeux (risques, santé, ressources, pollutions) rendent incontournable un large débat citoyen sur la politique énergétique.
 
Le recul du gouvernement puis ses tergiversations concernant l’exploration des gaz de schiste, dans plusieurs régions dont l’Ile-de-France, montrent l’efficacité des « lanceurs d’alerte » associés à une forte mobilisation citoyenne mais aussi, la nécessité de ne pas lâcher prise. Localement, les occasions de prendre la parole ne manquent pas.
 
Le 30 avril, « Sortir du Nucléaire » nous invitait à rendre hommage aux victimes du nucléaire et à demander la mise en place d’un débat citoyen sur l’énergie.
 
Le 13 mai, à 20h30 à la maison de l’environnement à Magny les Hameaux, le collectif « Saint-Quentin en transition » vous invite à venir réfléchir à la construction d’un avenir sans pétrole et sans effet de serre.
 
Saisissons ces opportunités pour refuser la fatalité d’un système où tout serait décidé « en haut », pour réfléchir, pour imaginer et pour construire un avenir commun souhaitable.

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