vendredi 3 juin 2011

La tribune de juin 2011 de nos élus du groupe "Construire l'avenir ensemble"

C’est sans hésitation que les élus d’opposition que nous sommes, ont voté la motion portant sur les CLIS (CLasses d'Intégration Scolaires) présentée par la majorité au dernier conseil municipal.
Les CLIS ont pour vocation d’accueillir des élèves handicapés dans des écoles ordinaires afin de leur permettre de suivre totalement ou partiellement un cursus scolaire ordinaire. Or la décharge d’heures que les directeurs d’école avaient obtenue pour accompagner ces CLIS, semble aujourd’hui menacée. La motion avait donc pour objet d’interpeller l’Inspecteur d’Académie pour qu’il revienne sur sa probable décision. Nous considérons que le sujet est essentiel et savons aussi que pour être efficace et espérer obtenir gain de cause, il faut porter une position unanime auprès de l’inspection. C’est la raison pour laquelle nous avons, en responsabilité, accepté de voter cette motion.

Cependant nous ne sommes pas naïfs et nous savons très bien que le problème ne se situe pas au niveau de l’inspection d’Académie. Interpeller l’Inspecteur sans remettre en cause la politique de l’éducation menée dans ce pays n’a pas beaucoup de sens. La suppression possible de ces heures de décharges n’est pas le fruit d’une erreur d’appréciation de l’Inspecteur d’Académie, d’un mauvais choix de sa part en contradiction avec la volonté du gouvernement. Elle est malheureusement la conséquence logique de cette politique de casse de l’école publique menée depuis des années. L’inspecteur ne fait qu’appliquer la politique qu’on lui impose, avec les moyens qu’on lui donne.

Créées en 1991, ces classes d’intégration scolaire, ont été transformées en 2009, en classe pour l’inclusion scolaire. Plus qu’un choix sémantique il s’agit là d’un choix idéologique, lourd de menaces quant aux moyens accordés à ces classes. Puisqu’on acte que les élèves handicapés sont de droit membres de la communauté scolaire, il est décidé de les “inclure” malheureusement sans trop se préoccuper de tout ce qui est nécessaire pour que leur présence ne soit pas que physique.
En 2007 le chef de l’Etat dénonçait le fait que « La moitié des enfants handicapés n’a pas accès à la même école que les autres enfants ». Il prétendait même vouloir rendre « opposable » ce droit à la scolarité, pourtant déjà présent dans la loi depuis 2005.
Depuis quel est le bilan ? Certes le nombre d’enfants handicapés scolarisé a augmenté mais il y a toujours de nombreux enfants qui ne le sont pas. De plus, au delà du nombre c’est la qualité de l’accueil qu’il conviendrait d’évaluer. La loi de juillet 2005 prévoit l’accompagnement des élèves porteurs de handicap par des auxiliaires de vie scolaire (AVS). Or, faute de budget et de pérennisation de ces emplois, ces postes d'AVS sont menacés, et alors que les besoins augmentent, l'Éducation Nationale a décidé de ne plus ouvrir de postes d'AVS. A cela s’ajoute, le manque de formation des enseignants au handicap, mais comment sans étonner alors même que c’est l’ensemble de leur formation initiale qui a été quasiment supprimée. Ainsi combien d’élèves exclus, combien accueillis quelques heures au lieu de l’être à plein temps, combien d’élèves perdus?
La réalité de l’Education nationale aujourd’hui c’est : 66 000 postes d’enseignants supprimés depuis 2007, 1500 classes qui seront fermées à la rentrée 2011 alors que 4 900 élèves supplémentaires sont attendus, des classes surchargées, le non remplacement des professeurs absents, le manque de temps pour le travail en équipe… L’égalité de droits et des chances ne sont que des mots si elles ne sont pas accompagnées des moyens nécessaires à leur application !

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