lundi 18 juillet 2011

Carte préfectorale de coopération intercommunale … « P’tèt ben qu’oui, p’tèt ben qu’non »

Un Normand bat en retraite à Montigny le Bretonneux

Nous ne savions pas que le Maire de Montigny avait des origines Normandes. Elles se sont révélées en plein jour lors du Conseil Municipal du 4 juillet.


Alors qu’il avait voté contre le projet de carte d’intercommunalité du préfet des Yvelines lors de la dernière assemblée de la Communauté d’Agglomérations de Saint-Quentin en Yvelines (CASQY), il proposait au conseil de Montigny de voter une délibération en faveur de ce même projet !


Nous lui avons donc proposé de revoir sa copie et de proposer au vote le même document que celui voté à la CASQY. Nous étions alors prêts à voter ce texte. Il s’agissait en effet de donner un avis défavorable sur le Schéma Départemental de Coopération Intercommunale compte tenu de certaines incohérences sur certaines parties du territoire, et de demander que tout élargissement de l’agglomération de Saint-Quentin en Yvelines se fasse sur la base d’un projet de coopération intercommunale … Du bon sens en quelque sorte !



Face aux arguments de Sandrine Grandgambe, présidente de notre groupe « Construisons l’Avenir Ensemble », le Maire battait finalement en retraite. Il proposait alors tout simplement de remplacer dans la délibération « avis favorable » par « avis défavorable », justifiant que « émettre un vote favorable » ou « émettre un vote défavorable », « c’était pareil et que l’important était la réserve émise » …

Cela n’a pas empêché son équipe de voter sans sourciller une délibération qui n’avait plus aucun sens … Mais au-delà de cette anecdote, que se cache t-il derrière ce vote et quelle est cette fameuse réserve ?

La réserve propose au Préfet d’intégrer à Saint-Quentin les communes de Maurepas, Coignières, Plaisir, Les-Clayes-sous-Bois, « voire Villepreux » et « toutes les communes de son aire d’influence ayant délibéré dans ce sens ». Sont citées dans les attendus, les communes de Chevreuse et Saint-Lambert.


Posture politicienne ou véritable débat ?


Il convient de préciser ici que la carte du Préfet constitue un exercice de haute couture avec des découpages « sur mesure » destinés à préserver des bastions de droite ou de gauche en négligeant parfois complètement la réalité du territoire ou du bassin de vie.


Pour Saint-Quentin, la posture est, d’un côté comme de l’autre, exclusivement politicienne. La droite demande un élargissement à des communes limitrophes de droite pour faire basculer la majorité dans son camp. La gauche ne souhaite pas l’élargissement pour conserver Saint-Quentin « à gauche ».


Quel dommage de ne pas profiter de ce débat sur l’intercommunalité pour discuter réellement sur le fond, c’est la position que j’ai présentée :


- Quel projet pour Saint-Quentin ?  
- Quelle pertinence d’élargissement pour quelle commune ?

Quel projet pour Saint-Quentin en Yvelines ?

Force est de constater que l’agglomération actuelle n’a pas de projet commun fort. Chaque commune bataille pour son propre intérêt et non dans un esprit communautaire.

Quel pourrait être ce projet ?

Le préalable est une vision commune de l’urbanisme au travers d’un Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT). D’autres idées :

- Un Programme Local de l’Habitat (PLH) ambitieux respecté par toutes les communes.  
- Des objectifs ambitieux en matière de transfert modal de la circulation automobile vers des modes de déplacement moins énergivores et moins émissifs de gaz à effet de serre.  
- Une politique ambitieuse commune de valorisation et de recyclage des déchets.  
- Une gestion de l’eau et de l’assainissement reprise en régie.  
- Une politique d’accueil d’entreprises générant des emplois non délocalisables et gérées suivant les principes de l’économie sociale et solidaire …

Les idées ambitieuses ne manquent pas mais au lieu de les appliquer, les partis dominant s’affrontent ou collaborent au gré des intérêts politiciens entretenant un statu quo politique peu propice à l’innovation et à l’adaptation aux enjeux de notre époque.


Quel périmètre ?

Saint-Quentin est clairement construit avec deux axes structurants incontournables : La N10 et la voie ferrée Paris/Chartres. Dès lors un élargissement à Coignières et Maurepas est quasiment une évidence. La continuité urbaine peut constituer un autre critère, dans ce cas Plaisir pourrait rejoindre l’agglomération compte tenu de sa contiguïté avec Elancourt.

Au contraire, on peut se poser la question de ce que partagent Les-Clayes-sous-Bois et Villepreux avec Saint-Quentin comme projet commun ? Quelle continuité ?


Idem au sud avec Chevreuse et Saint-Lambert, deux communes tournées davantage vers Saint-Rémy et le Mesnil-Saint-Denis. 

Le débat est intéressant, il convient de le poursuivre …


Jean-Luc Manceau, Montigny le Btx, 15/07/2011

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