mardi 27 mars 2012

La culture, un bien commun !


Le théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, situé sur notre commune, est une institution bien installée dans le paysage de l’agglomération mais aussi du département et de la région. Ce théâtre est devenu  un des symboles de l’agglomération et de sa réussite : avec son bâtiment très identifiable au cœur de ville, il est à l’image de Saint-Quentin, lieu de vie, de culture, de rencontres et d’échanges. La  fréquentation ne cesse de progresser, le public se renouvelle, le travail en direction du jeune public est salué de toutes parts. Bref, non seulement la réussite est au rendez vous mais cette scène nationale remplit pleinement les missions qui sont les siennes.


L’essentiel des financements du théâtre vient de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin et de l’Etat, dans une moindre mesure du Conseil régional et du Conseil général depuis cette année. La part de l’Etat a toujours été anormalement faible dans ce théâtre, mais aujourd'hui la situation devient alarmante. Elle touche l’ensemble du réseau des scènes nationales et centres dramatiques nationaux : l’Etat se désengage massivement et sans aucune concertation.

Ces théâtres de service public d’île-deFrance accompagnent la création artistique depuis plus de cinquante ans, ce réseau s’appuie sur des équipes de professionnels expérimentés et engagés. Il sensibilise les publics à des formes plurielles de l’art, gages d’une démocratisation culturelle effective. Il créé du lien social sur les territoires d’implantation et les dynamise. Mais jusqu'à quand ? 

Aujourd’hui, le financement des pouvoirs publics n’est plus à l a hauteur de l’ambition fondatrice de démocratisation artistique et culturelle, et ne permet plus à ces théâtres d’assurer leurs missions essentielles. Avec des subventions de fonctionnement en stagnation depuis plusieurs années, ils s’appauvrissent de saison en saison. Les conséquences rejaillissent directement sur la vie artistique et fragilisent les artistes et les compagnies. La réduction des moyens pour l’éducation  artistique et l’action culturelle se fait aussi au détriment des publics.

Grâce aux efforts déployés par toutes les équipes, la fréquentation de ces théâtres est en progression, et celui de Saint Quentin en est la parfaite illustration, mais à plus long terme ce n’est pas tenable.

Rappelons le, ces théâtres défendent l’un des droits fondamentaux inscrit dans  la constitution : l’accès pour tous les citoyens à l’éducation, à l’art, à la culture et à la connaissance.  Au delà du sort du théâtre de Saint-Quentin, de ses artistes et techniciens, au-delà même des conséquences économiques de l’affaiblissement d’un secteur porteur pour l’économie française,  c’est bien un choix politique auquel nous sommes confrontés. Ce choix sera tranché par les prochaines élections, présidentielles et législatives. Quelle société voulons-nous ?

Nous, élus de gauche et écologistes,  pensons que l’existence d’un service public de la culture, qui a toujours été une spécificité française, doit rester une priorité. Dans une société soumise à des tensions permanentes, souvent violente, l’accès à la culture pour tous doit rester un projet de société, c’est ce que la gauche a toujours défendu et continuera à porter.

[La tribune de nos élus du groupe "Construire l'avenir ensemble" parue dans le numéro d'avril 2012 de l'Ignymontain]

Aucun commentaire:

Publier un commentaire