jeudi 28 février 2013

Culture Vélodrome #6 : Saint-Quentin

Lu sur le site http://www.velochrono.fr sous la plume de Stephane Deneits, le jeudi 28 février 2013.
Fin de notre saga hivernale sur les vélodromes français, avec notre sixième et dernière étape et un retour en région parisienne. Le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, nouveau fleuron de la FFC, continue sa construction du côté des Yvelines. Dans un contexte quelque peu ombragé pour la piste tricolore… 
Le coeur du cyclisme français 

Ce sera le centre névralgique du cyclisme français. Quelque part dans les Yvelines, très exactement à Montigny-les-Bretonneux. Fin 2013, probablement en décembre, la petite reine française va prendre ses quartiers, dans les relents de peinture fraîche et les parfums de nouveauté. Seront concernés aussi bien les costards cravates que les cuissards-cale pied. Dans ce futur Centre National du Cyclisme, qui accueillera en son sein le siège de la FFC ainsi que le tout nouveau vélodrome dit de Saint-Quentin-en-Yvelines. Un projet d’envergure, qui correspond à une demande qui commence à dater. Dépourvue de vélodrome permanent pouvant organiser des compétitions de très haut niveau, la région va donc se parer d’un nouvel écrin. Dans le but de redonner à un nouveau souffle à une piste française pleine de ressources et de potentiels, mais en manque de structures dignes de ce nom. Voici l’histoire d’un projet, pourtant né sur les bases d’un échec. 

Paris 2012 a vécu. La fête olympique s’est déroulée l’été dernier de l’autre côté de la Manche, et le verdict, tombé sept ans auparavant, aura mis sur le flanc un grand nombre de projets d’infrastructures à la hauteur de l’évènement. Au chapitre « cyclisme sur piste » était donc prévue un nouveau vélodrome du côté de Saint-Quentin. Ce sera l’une des seules infrastructures à survivre au fiasco olympique. Car en 2009, le projet reprend vie. Pour une somme initiale de 74 millions d’euros, qui sera réajustée plus tard à 101 millions d’euros, ce nouvel équipement va donc voir le jour à la fin de l’année. Sorti du crayon de Ralph Schurmann, également concepteur du vélodrome ayant accueilli les olympiades de Pékin, l’objet tel qu’il est permis de le voir à l’heure actuelle a déjà fière allure. Car en plus d’être une enceinte sportive, l’endroit sera aussi un lieu de vie à part entière. Du moins, aspire à le devenir. Tel un « Clairefontaine du cyclisme », dixit David Lappartient. 
Un vélodrome et un vélodrame 
Tout d’abord, le vélodrome en lui-même. Sous ses allures ultra modernes, celui-ci sera en premier lieu le théâtre d’une grande nouveauté. Si sa longueur de 250 mètres répond aux standards internationaux, sa largeur de 8 mètres constituera une première mondiale. Bien évidemment, cela pourra avoir son rôle lors des compétitions, et ce nouveau paramètre sera à observer avec attention quand les bicyclettes s’approprieront les lieux, qui devraient faire du bruit, avec la possibilité d’accueillir jusqu’à 5000 spectateurs. De quoi espérer de belles affluences, notamment pour les grands rendez vous. Les autres disciplines auront également un environnement de premier ordre pour pratiquer, et notamment le BMX, qui disposera d’une piste couverte, sans oublier les nombreux kilomètres de circuits fermés pour les routiers. L’étude d’un parcours VTT était aussi à l’ordre du jour, même si pour l’instant, cela reste nettement plus flou. 
Avec un tel outil, tout pourrait aller pour le mieux. Seulement, les récents coups de tonnerre ayant secoué l’univers de la piste française tombent mal. A seulement quelques mois de la réception du vélodrome ignymontain, le départ du DTN Florian Rousseau et le malaise perceptible chez les têtes d’affiche que Gregory Baugé ou encore François Pervis font désordre. Les questions se posent. La toute nouvelle piste de la grande couronne parisienne ne saurait supporter de ne pas apporter l’excellence au sein des pistards tricolores. La carrosserie du bolide « France » sera pimpante, encore faudra t-il avoir le moteur et toutes les pièces nécessaires pour faire avancer l’ensemble. C’est donc dans cette drôle d’ambiance que l’arène de Montigny-les-Bretonneux poursuit sa croissance. Gageons que la situation évolue favorablement dans les prochains mois. Car à ce rythme là, le champagne risque d’avoir un drôle de goût en décembre prochain.

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