jeudi 21 février 2013

Du petit chemin aux jardins, il n’y a qu’un pas

CR13 / CV7 

Le petit chemin, à la bonne odeur de sous-bois, qui descend vers Magny les Hameaux au fin fond de la ferme du Manet, ne sentira pas l'essence ni le gazole. 

Les Ignymontains ont été nombreux à donner un avis défavorable à ce projet dont la pertinence n'a jamais été justifiée autrement que par l'aménagement d'un carrefour à plusieurs centaines de mètres. Le commissaire a donc statué par une réponse négative. 

Comment le maire, qui se targue d’être au contact permanent de la population de la ville, n'a-t-il pas senti l'hostilité d’une grande partie des habitants à ce projet ? Pour retomber sur ses pieds il ne lui reste que le style « je vous ai compris, l'affaire est classée ». 

Mobilisation des citoyens 

Pour préserver la forêt de Trappes Port Royal, c’est le deuxième point marqué contre les bétonneurs. En 2006, déjà, une manifestation sur place, un article de presse et la création d’une association avaient fait reculer l’agglomération qui voulait ouvrir une voie est/ouest dans la forêt pour contourner la fermeture du CR13 / CV7. 

Ces épisodes montrent au moins que quand les citoyens se mobilisent, les décisions peuvent être modifiées. Nous n’insisterons jamais assez : consultez les avis d’enquête publique qui sont autant d’occasion d’exprimer votre accord ou votre désaccord sur les projets dans la commune. 

Une démocratie réelle ne peut pas se faire sans l'implication de tous. 

En quête des citoyens 

Pour autant, il ne faut pas se leurrer sur les possibilités données par les « enquêtes d'utilité publique ». 

Les élus ne sont pas obligés de suivre l'avis de l'enquêteur, l'enquêteur n'est pas obligé de tenir compte des opinions déposées et en règle générale les citoyens qui donnent leur avis sont peu nombreux, même s'ils sont très motivés. 

Les dossiers à consulter sont en général épais, complexes et très techniques. Il faut souhaiter que les procédures soient entièrement revues, mais ça, c'est du domaine du législateur. 

Par contre rien n'empêche un maire de procéder à une large consultation, très en amont de l'enquête d'utilité afin d'impliquer la population et de tenir compte des avis. Mais là, il y a souvent … un manque de volonté. 

« Cultivons notre jardin » 

Au-delà du jardin intérieur de la métaphore Voltairienne, ce conseil de Candide, pourrait s'appliquer à nos jardins de terre. 

Qui ne s'est jamais insurgé devant les légumes au goût insipide vendus dans les grandes surfaces ? Devant les fruits pas vendus (et fort cher) même pas mûrs ? 

Retrouver la saveur des légumes cultivés dans nos jardins, retrouver le véritable plaisir du rapport à la terre mais aussi de la relation aux autres par des échanges d’outils, de méthode et de savoir-faire : voilà un projet d'avenir. Développer la durabilité et la solidarité dans nos villes, multiplier les espaces de rencontres et de bien être, telles doivent être nos priorités! 

Il y a deux ans, la région Ile-de-France a mis en place un dispositif d’aide pour favoriser le développement des jardins partagés en Ile de France. Depuis, ce programme a rencontré un succès indéniable. 75 projets Franciliens ont été financés pour une moyenne de 4 000 euros par dossier. Qu'il s'agisse de petites surfaces au bas d'immeuble ou de plus grands espaces, ces jardins solidaires ont permis de favoriser l’accès à des produits de qualité par des ménages modestes mais aussi de proposer à tous des espaces d’insertion ou d’éducation à l’environnement.

[La tribune de nos élus du groupe "Construire l'avenir ensemble" parue dans le numéro de mars 2013 de l'Ignymontain]

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