vendredi 26 avril 2013

La transformation des rythmes scolaires – une réforme nécessaire

Dix ans de destruction par des gouvernements de droite

Dans ses interventions publiques, et dans les rencontres engagées avec les partenaires du système éducatif, monsieur le Maire présente surtout le sujet à partir des coûts qu’il engendrera pour les finances locales et sur la complexité de mise en œuvre.

Il nous parait important de revenir sur l’enjeu de fond de cette réforme.

Après dix ans de casse par la droite, notre école primaire a aujourd’hui le plus faible taux d’encadrement en Europe, nos jeunes enseignants ne possèdent quasi aucune formation pratique à leur métier.

La suppression progressive de la carte scolaire a accru les inégalités territoriales et augmenté le risque d’établissements ghettos. Le démantèlement des réseaux spécialisés (RASED) a laissé un peu plus démunis les élèves en difficulté.

Le système d’orientation des élèves ne fonctionne plus.

Un diagnostic partagé quasi unanimement

Les rythmes scolaires, notamment en école élémentaire ne favorisent pas les capacités d’apprentissage des enfants. Les écoliers français subissent des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde.

Notre pays cumule ainsi :

un nombre de jours d’école qui est le plus faible d’Europe et qui est largement inférieur à celui des autres pays, à savoir 144 jours seulement contre 187 jours en moyenne au sein de l’OCDE ;

Une semaine particulièrement courte avec 4 jours d’école par semaine, contre 5 voire 6 chez la plupart de nos voisins européens ;

Une année scolaire concentrée sur seulement 36 semaines ;

Un volume horaire annuel d’enseignement très important, qui s’élève à 864 heures par an contre 774 heures à 821 heures en moyenne – selon l’âge des écoliers – au sein de l’OCDE.

Or cette extrême concentration du temps d’enseignement est inadaptée et préjudiciable aux apprentissages. Elle est source de fatigue et de difficultés scolaires. Ce constat est unanimement partagé, des scientifiques spécialistes des rythmes de l’enfant aux enseignants, en passant par les parents d’élèves.

On constate dans le même temps que les résultats des écoliers français se dégradent dans tous les classements internationaux.

Une réforme pour le bien être des enfants

La réforme des rythmes scolaires poursuit donc avant tout un objectif pédagogique : mettre en place une organisation du temps scolaire plus respectueuse des rythmes naturels d’apprentissage et de repos des enfants afin de favoriser la réussite de tous à l’école primaire. Les nouveaux rythmes scolaires conduiront ainsi à une meilleure répartition des heures de classe sur la semaine, à un allègement de la journée de classe de 45 minutes en moyenne et à la programmation des séquences d’enseignement aux moments où la faculté de concentration des élèves est la plus grande.

Ils permettront également une meilleure articulation des temps scolaire et périscolaire : les élèves pourront accéder à des activités culturelles, artistiques ou sportives et demeureront pris en charge au minimum jusqu’à l’heure actuelle de fin de la classe (16h30 dans la plupart des écoles) si leurs parents le souhaitent. Ces activités périscolaires, organisées par les collectivités territoriales, seront pensées en articulation avec le projet d’école et contribueront à l’épanouissement et au développement de la curiosité intellectuelle des enfants.

Une mise en œuvre qui nécessite le dialogue et l’implication de tous

L’essentiel est maintenant dans un travail d’organisation de la mise en œuvre.

Notre commune doit, en analysant ses forces (personnel d’animation, tissu associatif, équipements importants tant sportifs que culturels), en dialoguant avec les conseils d’école, monter le projet éducatif territorial qui serve de cadre à l’organisation des temps périscolaires qui viendront en complément des temps dédiés à l’enseignement.

C’est un chantier majeur pour l’avenir de nos enfants que l’équipe municipale doit prendre à bras le corps dès maintenant pour avoir construit une réponse de qualité à la rentrée 2014.

L’équipe municipale de M. Laugier qui avait fait le choix, avant que ce soit la règle, pour passer de 4.5 jours hebdomadaires de classes à 4 jours, ne peut évidemment pas avoir une motivation exceptionnelle pour mettre en place une mesure qui va dans l’autre sens.

Nous serons donc très attentif sur ce qui se passera avant 2014 avec la conviction que nous serons les mieux à même de terminer le travail au-delà.

[La tribune de nos élus du groupe "Construire l'avenir ensemble" parue dans le numéro de mai 2013 de l'Ignymontain]

Aucun commentaire:

Publier un commentaire