samedi 27 avril 2013

Très haut débit : Quentiop veut sauver sa peau face au privé

Relevé sur le site de Toutes les Nouvelles du 25 avril 2013 :
En 2009, profitant du flou juridique entourant le déploiement de la fibre optique entre public et privé, l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines (propriétaire de son réseau câblé depuis 2005) avait lancé sa régie autonome Quentiop. L’objectif était alors de fibrer tout le territoire en deux ans et de le rentabiliser en louant le réseau aux opérateurs nationaux. 
Non seulement, les retards se sont accumulés mais dès le départ, les opérateurs (Orange, SFR, Bouygues) s’étaient montrés réticents à utiliser un réseau dont ils n’auraient pas la maintenance. Or, depuis, l’Etat et l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) ont clairement redéfini les règles d’investissement entre opérateurs privés et publics. Les zones très denses (comme Saint-Quentin-en-Yvelines) sont ouvertes à la libre concurrence, donc interdites aux investissements publics, les zones moyennement denses sont ouvertes aux cofinancements, et les zones peu denses sont ouvertes aux investissements publics. 
Quentiop se retrouve donc avec un “embryon” de réseau sur les bras (9 millions d’euros investis), stoppé net dans son déploiement pour les particuliers depuis l’été 2012, et dont aucun opérateur national ne veut entendre parler. Alors, le 25 mars dernier, sans réponse du ministère au Numérique, Quentiop a saisi la Commission européenne. 
Egalité de traitement 
«Nous voulons une égalité de traitement entre les régies autonomes et les opérateurs privés, explique Yves Machebœuf, président de Quentiop. L’Etat doit reconnaître l’action du public dans le déploiement de la fibre et ne pas laisser les zones rentables au privé et les zones les plus difficiles au public.» D’ici l’été, la Commission européenne devrait dire si elle se saisit du dossier ou pas et donc si Quentiop a une chance de voir un jour sa plainte, pour manquement contre l’Etat français, aboutir. 
En attendant, Yves Machebœuf argue une nouvelle fois que «Quentiop ne se veut pas hégémonique mais nous sommes les seuls à assurer un déploiement dans les deux ans sur “tout” le territoire de Saint-Quentin». Ce que réfutent les opérateurs privés (lire encadré ci-dessous). 
Autres freins pour Quentiop, seules 1 000 prises (sur les 5 000 prévues dans les zones tests) ont été installées pour à peine une centaine d’abonnements Kiwi et Als@tis, particuliers et entreprises compris. Faute d’opérateurs nationaux, les clients ne se laissent absolument pas tenter. Par ailleurs, le réseau câblé qui arrive dans tous les foyers saint-quentinois, et désormais efficient, continue d’être exploité par Numéricâble. Ce dernier pourrait offrir une porte de sortie honorable à Quentiop s’il accepte d’exploiter le réseau fibre optique de Saint-Quentin.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire