jeudi 20 juin 2013

Droites décomplexées ?


Clément avait 19 ans 

Clément Méric avait dix-neuf ans. Il venait de passer le bac et étudiait à Sciences Po. Venu de Bretagne, il était de tous les combats contre les injustices. Il militait contre les nouvelles formes de fascisme présents dans notre société. Il est tombé sous les coups d’un de ces groupes de la droite extrême qui refusent toute évolution de la société, prospèrent sur le terreau de la haine de ce qui est différent, grandissent à l’ombre d’une droite décomplexée refusant de tourner le dos à toute forme de violence. 

A sa famille, à ses amis, nous adressons nos pensées attristées. 


Et puis quoi encore ? 

Comme si cela ne suffisait pas, il a fallu que certains cherchent à salir la mémoire de ce jeune homme qui a mis toute son énergie et sa générosité au service du noble combat contre la haine et le racisme, et qui est tombé sous les coups de ceux-ci. 

Comme est-il possible que la droite ait à ce point perdu le nord pour confondre en les renvoyant dos à dos ceux qui souhaitent que toutes et tous aient les même droits et ceux qui cherchent à exclure et croient détenir la vérité ? 

Comment est-il possible que ceux qui, en d’autres circonstances dénoncent le relativisme, soient à ce point aveuglés par leurs certitudes au point de refuser de voir leur propre camp politique s’enfoncer inexorablement dans un déni des valeurs humanistes et républicaines ? 


Des mots de haine et de violence 

On dit parfois que les mots blessent, on dit aussi qu'ils peuvent tuer. Bien sûr, c'est une image. Mais ils peuvent servir d'incitation, à quelques esprits faibles pour passer à l'acte. On a entendu, à l'occasion des débats sur le "mariage pour tous", une ancienne député, ancienne ministre évoquer la "guerre civile" et une femme de spectacle dire à propos du Président de la République qu'il "veut du sang et qu'il en aura" (même en regrettant ces propos ultérieurement). 

Quand de tels mots sont prononcés, on n'est plus dans le débat démocratique légitime. 


A Montigny aussi 

Le 26 mars 2013, un commando de la droite dure pénétrait dans un amphi de l’université de Versailles - Saint Quentin pour empêcher un débat sur le mariage pour tous, en présence du député rapporteur de la loi : Erwann Binet. La tension fut telle que les forces de l’ordre appelées par les organisateurs furent contraintes d’exfiltrer l’élu. A la tête de ce groupe, un jeune conseiller municipal membre de la majorité, suppléant lors des élections législatives 2012 d’une candidate de la droite sur notre circonscription. Hasard (?), ce conseiller et la titulaire qu'il suppléait sont membres et proche du parti de l’ancienne ministre citée plus haut. 

De plus, le même conseiller accepte d’être taxé d’homophobe dans un reportage de TVFIL78 du 6 juin : « être homophobe, c’est être contre la normalisation de l’homosexualité … j’accepte l’insulte d’homophobe » (dixit).

Nous aurions aimé connaître le point de vue des diverses composantes de la majorité municipale sur ces dérives, mais ... il n'y en a pas eu, à notre connaissance.



Un bel été de découverte et de rencontres 

Nous vous souhaitons un bel été. Au soleil des rencontres que vous aurez la chance de faire. Que cet été vous permette d’ouvrir vos horizons. Géographiques pour celles et ceux qui le peuvent. Mais surtout humains, pour échanger, partager et imaginer une société plus accueillante, plus juste, plus solidaire, plus libre.

[La tribune de nos élus du groupe "Construire l'avenir ensemble" parue dans le numéro de juillet 2013 de l'Ignymontain]

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