dimanche 22 décembre 2013

Maison de retraite, une action majeure de la municipalité ?


L’équipe municipale sortante met en avant, de manière récurrente, la construction à venir d’une maison de retraite à Montigny comme une de ses réalisations majeures.


Une maison de retraire décidée et financée par qui ?



Cette maison de retraite se construit parce que l’ARS (Agence Régionale de Santé) et le conseil général ont lancé le projet. Le président du conseil général parle d’ailleurs d’une maison de retraite construite à Montigny pour Saint Quentin en Yvelines.



Cet établissement sera construit dans le parc du château de la Couldre par adjonction de deux ailes au château. Parc et château appartiennent à la communauté d’agglomération.


Le maire écrit que c’est grâce à un très bon dossier que ce choix a été fait. Qui a fait ce dossier ? L’équipe municipale ? , avec une aide de l’agglomération ? Non : un cabinet extérieur! Nous devrons nous en contenter puisque le projet, s'il a été présenté en conseil municipal, n'y a jamais été discuté.



On notera d’ailleurs que si le conseil municipal n’a pas eu à délibérer, c’est que la commune n’est pas concernée financièrement par le projet.

Une maison de retraite pour qui ?



L’allongement de la durée de la vie, le vieillissement des ex jeunes populations de notre territoire conduisent à se préoccuper des dispositifs nécessaires demain. Une maison de retraite est une des réponses. Et ce n’est forcément qu’une réponse partielle par le coût de ce dispositif.



Le financement du fonctionnement d’une maison de retraite est assuré dans trois domaines :



Les soignants et les soins : le coût est couvert par l'ARS (Agence Régionale de Santé) selon les tarifs publics.



Les coûts de dépendance et d’hébergement sont couverts, eux, par le résident. Le tarif de la dépendance est fixé par la préfecture en fonction du niveau de dépendance (le GIR). Le résident peut être aidé financièrement par le département (le dispositif APA). Le tarif d’hébergement est fixé par la maison de retraite. Le résident peut exceptionnellement être aidé par des mécanismes d’aide sociale.



Les maisons de retraite n'ont de liberté des prix que sur l'hébergement. C’est sur cet axe que se fera la différence.



La gestion de la future maison de retraite de Montigny a été confiée au groupe privé MEDICA. Bien qu’installée sur des terrains appartenant à l’agglomération, celle-ci devra dégager les bénéfices inhérents à toute société privée. On peut trouver sur le site de MEDICA les informations suivantes : « D’ici à la rentrée 2016, une nouvelle maison de retraite verra le jour dans l’est des Yvelines. MEDICA a en effet tout récemment remporté un appel à projet sur la commune de Montigny-les-Bretonneux (78). Il s’agit d’un projet de 84 places dont 20% seront habilitées à l’aide sociale. »



On voit bien que 17 places sur 84 bénéficieront de tarifs aidés. 80% des résidents devront acquitter le tarif complet défini par MEDICA. Ces tarifs s’aligneront forcément sur ceux déjà pratiqués dans les environs. Le groupe MEDICA dispose de maisons de retraite à Maurepas où le tarif journalier est de 87,50 € et à Rambouillet où il se situe entre 97.50 € et 124.50 €.



Le coût mensuel pour un résident se situera donc entre 2 625 et 3 750 €. Cela ne peut donc pas être ouvert à tout le monde !



Une place en maison de retraite coûte inévitablement cher. D’autant plus cher que la structure est confiée à un groupe privé cherchant à dégager un profit pour ses actionnaires.



Nous ne pourrons pas non plus compter sur la concurrence pour faire baisser les prix. Les deux groupes présents sur le territoire MEDICA et Korian (Quieta, Les Saules) ont annoncé leur fusion.



Une résidence adossée à une structure publique pourrait, pour partie, tirer les prix vers le bas mais ça n’a pas été envisagé par la majorité sortante.



Le maintien à domicile



Il est donc essentiel de privilégier les actions de support au maintien à domicile et pourtant, actuellement, tel que le mentionne le compte rendu d’activité du CCAS pour 2012, les activités liées au maintien à domicile sur une ville de 35 000 habitants ne concernent que 2.15% du budget du CCAS pour 31 personnes pour le portage des repas, 57 concernées par l’aide à domicile et 102 par la téléassistance.



En ce début d'année, nous adressons à chaque Ignymontaine, à chaque ignymontain, en particulier les personnes les plus fragiles, nos meilleurs vœux, souhaitant que 2014 leur apportera l'aide et le réconfort dont elles ont besoin.


[La tribune de nos élus du groupe "Construire l'avenir ensemble" à paraître dans le numéro de janvier 2014 de l'Ignymontain]

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