mercredi 27 avril 2016

Les Roms de Montigny dans l'indifférence de la mairie !

Depuis près de 9 mois, une communauté de Roms s'est installée le long de la route de Trappes sur une zone située entre la caserne des pompiers et le stade Ladoumègue. Depuis ce temps, nous sommes intervenus auprès de la mairie pour obtenir la scolarisation des enfants - comme le prévoit la Loi - ; en vain.

Un collectif s'est créé, Romsyvelines antenne SQY, afin d'éviter à ces familles une expulsion réclamée pat Michel Laugier auprès de la Préfecture, et de permettre l'application de la Loi en terme de scolarisation.

Ce collectif a publié un communiqué de presse, ci-dessous, qui a été repris par le Parisien qui a mené une enquête sur le terrain et publié un article repris également ci-après ; les Nouvelles de Versailles et TV Fil78 ont déjà annoncé leur visite dans les tous prochains jours.
Collectif de soutien aux familles roumaines de culture rom de Montigny le Bretonneux
Romyvelines Montigny le Bretonneux 
Communiqué de presse
22 avril 2016 
Pas de démantèlement sans relogement

Depuis quelques mois, 4 familles roumaines de culture rom se sont installées à Montigny le Bretonneux, entre le stade Jules Ladoumègue et le centre des pompiers, près d'un petit bois. 


Elles tentent opiniâtrement d'y construire une vie décente après avoir été chassées de plusieurs campements. Ainsi, elles ont demandé à plusieurs reprises la scolarisation des enfants. Celle-ci a été refusée par la mairie de Montigny depuis 4 mois, en toute illégalité puisque la scolarisation est un droit absolu pour tous les enfants vivant en France, et même une obligation à partir de l'âge de 6 ans.
 

Après avoir tergiversé pour ne pas scolariser les enfants, la mairie déclare maintenant que le problème est réglé puisque les familles vont être expulsées. Cependant, le fait qu'une menace d'expulsion pèse sur les familles ne dispense pas le maire de scolariser les enfants. Et si cette menace d'expulsion s'avérait réelle, nous exigeons qu'un relogement soit proposé aux familles.

Ces familles vivent en toute légalité en France, les pères de famille travaillent et elles ont déposé des demandes de logement social. 

Les familles ne demandent qu'à ne plus avoir peur et à vivre ici décemment et en bon voisinage : travailler, cotiser, payer des impôts, scolariser les enfants, soigner les malades, manger. Parce qu'en Roumanie où elles sont victimes de fortes discriminations, c'est impossible pour elles. 

Une solution temporaire pourrait se mettre en place simplement avec un peu de bonne volonté et d’humanité, ouvrant la voie à la mise en place de solutions pérennes à construire avec les intéressés. Seul l’arrêt des expulsions des familles et le dialogue entre êtres humains peuvent permettre de sortir avec honneur de la situation. 

Avec les familles et l’ensemble des soutiens, nous demandons, solennellement, l'arrêt des expulsions, l'ouverture d'un dialogue et des actes concrets porteurs d'espoirs. 

Nous nous adressons au Maire de Montigny le Bretonneux pour que les enfants soient scolarisés au plus vite (conformément à la loi) et au Préfet des Yvelines pour s'opposer au démantèlement sans solution de relogement. 

Nous appelons la population ignymontaine à venir en aide, suivant ses moyens, aux familles roumaines et à les soutenir.

Montigny-le-Bretonneux : les enfants roms attendent toujours 

d’être scolarisés


  
Montigny-le-Bretonneux, lundi. Huit enfants en âge d’être scolarisés habitent le camp rom installé sur les terrains appartenant à l’Etat. Mais la mairie refuse de les accueillir dans les écoles de la commune, au grand dam des bénévoles qui leur viennent en aide. 
Depuis septembre 2015, quatre familles de Roms se sont installées sur un petit bout de terrain à Montigny-le-Bretonneux, situé sur l’emprise du prolongement de l’A12, en projet depuis de nombreuses années.


Plus pour très longtemps, selon le maire de la ville, Michel Laugier. Lors du dernier conseil municipal, l’élu DVD a en effet annoncé leur expulsion « prochaine », malgré la demande de scolarisation des enfants du camp. Ce qui provoque une polémique. « Le problème de la scolarisation ne se règle pas par une expulsion » critique Vivien Gasq, conseiller municipal PS. « Ce sont des jeunes familles qui ont la volonté de mettre leurs enfants à l’école, ce qui n’est pas toujours le cas. Et au lieu de les encourager, on les perd dans les procédures » dénonce de son côté Françoise, ancienne assistante sociale, qui vient en aide bénévolement aux habitants du camp. 
Les bénévoles ont envoyé une lettre recommandée au maire au début du mois d’avril pour appuyer la demande. Réponse de la mairie : au vu de l’expulsion imminente du campement, une scolarisation n’est pas envisageable. « Cela fait déjà trois semaines : les enfants ont le droit d’avoir accès à l’enseignement, même pour une courte période. L’expulsion et la scolarisation sont deux choses différentes » dénonce Maryvonne, une autre bénévole qui suit le campement. « Ces familles sont sous le coup d’une ordonnance d’expulsion depuis longtemps. Nous avons respecté les procédures, se défend-on dans l’entourage du maire. La situation est entre les mains de la préfecture. »  
Ce que dit la loi Selon une circulaire du 25 avril 2002, « les enfants de parents non sédentaires sont, comme tous les autres enfants, soumis à l’obligation scolaire entre 6 et 16 ans ». « Le fait que la famille soit hébergée de manière provisoire sur le territoire d’une commune est sans incidence sur le droit à scolarisation, poursuit le texte. En effet, c’est la résidence sur le territoire d’une commune qui détermine l’établissement scolaire d’accueil. » D’autant plus, insistent les bénévoles qui les encadrent, que les familles Roms installées à Montigny-le-Bretonneux sont en règle sur le territoire français. 
Sur le terrain où les Roms se sont installés, qui appartient à l’Etat, huit enfants sont en âge d’aller à l’école. Romela, 11 ans, a d’ailleurs fait déjà presque une année entière en classe de CM 1, à Coignières. Elle confie s’être fait plusieurs amies dans sa classe. « La journée, maintenant, on fait du sport, de la corde à sauter, du ballon, tous ensemble » raconte-t-elle, des livres d’enfants en français sur les genoux. 
Montigny-le-Bretonneux, lundi. « La journée, maintenant, on fait du sport, de la corde à sauter, du ballon, tous ensemble », confient les enfants.
Si leurs parents parlent difficilement en français, les enfants s’expriment correctement et ont des bases de lecture dans la langue. « Mais ils perdent ce qu’on leur a appris à l’école parce que nous, nous parlons en roumain » regrette Valentina, la mère de Romela. D’où l’urgence de les rescolariser. « Larissa doit entrer au CP l’an prochain : c’est à cet âge-là qu’on apprend le mieux » insiste Maryvonne. « On ira là où on acceptera les enfants à l’école, acquiesce Valentina. Ici, ils traînent toute la journée, ce n’est pas bien. Quand on habitait dans les hôtels, on les emmenait tous les matins en train à l’école. » Un trajet quotidien de Trappes à Coignières déjà complexe pour ces familles sans ressources.
Juliette Bourgeois [le Parisien en date du 26 avril 2016] 




Aucun commentaire:

Publier un commentaire